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*/ Histoire :Mihai Marise est née à Dolanaar, dans un des quartiers pauvres. Sa mère était une ancienne prostituée qui a choisi son enfant plutôt que cette vie de débauche. Elle éleva tant bien que mal sa fille, utilisant l'argent gagné auparavant par la location de son corps pour subvenir à leurs besoins. Quand Mihai eut 2 ans, elle choisit un travail plus correct, préférant cacher (et oublier) son ancienne vie à sa fille. Pendant qu'elle travaillait, Mihai était confiée à sa meilleure amie, qui, au contraire de la mère de Mihai, avait gardé son travail au quartier des plaisirs. Elle s'occupait de la petite fille quand elle n'avait pas de "clients". Mihai grandit donc en changeant de mains presque toutes les heures, de prostituée en prostituée. Heureusement pour elle, la patronne de la Maison Close se souvenait bien de son ancienne "Dame", et acceptait sa fille en souvenir de ces longues années de bon travail. A l'âge de 6 ans, Mihai traînait déjà dans les rues sales de Dolanaar, courant vers la Maison Close dès qu'un monsieur s'approchait trop d'elle. Elle jouait avec les gamins des rues, essayant à tour de rôle un overboard volé. Sa mère travaillait avec acharnement dans une petite boutique, rentrant très tard le soir. La gamine passait la plupart de ses journées seules, à errer dans la ville. Elle apprit vite à vivre dans la rue, volant une miche de pain quand elle avait faim. Elle passait de moins en moins de temps à la Maison Close, ayant peur des hommes qui s'y trouvaient, car ils recherchaient autant la chaleur d'une femme mûre que celle d'une fillette. Elle arpentait les rues, allant de plus en plus loin. Chaque jour, elle devait ajouter 5min pour rentrer chez elle. Elle arriva bien vite dans les quartiers dits "luxueux" de la ville - qui n'étaient guère plus propres que les quartiers pauvres, mis à part les gens qui se promenaient dans les rues - où l'on voyait les dirigeables quitter leur port d'attache pour rejoindre d'autres villes. En les voyant, elle rêvait de partir elle aussi. Mais elle savait que c'était un rêve bien enfantin. Elle ne voyait vraiment pas comment elle allait faire pour partir d'ici. A pieds ? Laissez- moi rire. Il n'y avait que les gitans qui utilisaient ce moyen de transport, et peu passaient dans la ville car elle n'était guère agréable. On ne pouvait pas marcher sans remarquer un corps dans une poubelle, ou encore des cris, des personnages louches, des prostituées qui essayaient d'attirer des clients chez elles pour mieux les détrousser, allant même jusqu'à les tuer; l'odeur de la ville elle-même était infecte, un mélange de jus de déchets en tout genre mêlé avec l'odeur des caniveaux.
Un jour, alors qu'elle errait sans but, ses pas l'amenèrent à la boutique de sa mère. Celle-ci travaillait avec un grand contrebandier, qui faisait passer ses marchandises en douce dans les convois de transport du peuple. Elle observa longuement sa mère -toute la journée à vrai dire-. Mihai était réellement choquée par ce qu'elle voyait. Sa mère subissait sans rien dire les attouchements du contrebandier, qui semblait bien profiter de la situation.
9h du soir. La gamine était toujours devant la vitrine, mais restait discrète. Le magasin venait de fermer. La jeune fille vit une chose qu'elle aurait préféré ne pas voir. Le contrebandier commença à peloter sa mère, puis la toucha à des parties plus intimes. Elle ne disait rien, subissait juste, son visage ne laissant transparaître aucune émotion. Il commença à la toucher encore plus, l'embrasser, et l'emmena dans l'arrière boutique. Mihai savait ce qu'il allait se passer. Elle connaissait ces hommes, elle les voyait aller à la Maison Close, elle savait comment ils se comportaient. Elle était en colère. Elle n'avait même pas senti monter progressivement sa haine envers cet homme. Mais elle était avant tout déçue. Elle avait cru que sa mère ne s'abaissait pas à vendre son corps pour avoir de l'argent. Elle croyait que sa mère faisait un honnête métier, et n'avait pas besoin de séduire les hommes pour avoir de l'argent. Sa mère qui lui avait toujours semblée forte, n'était qu'en fait qu'un détritus parmi les autres dans cette ville. Mihai était dégoûtée. Sa mère lui avait dit qu'il ne fallait jamais laisser un homme la toucher que si elle l'aimait. Et que venait-elle de faire ? Tout le contraire. Mihai resta devant la vitrine quelques instants, le visage déformé par une moue incompréhensible. Elle tourna le dos au magasin, et partit, tête haute. Elle essayait d'être forte. "ce n'est qu'un déchet. N'a aucun regret." se disait-t-elle. Elle rentra à leur maison, prit toutes ses affaires, un peu de vivres et partit, ne jetant aucun regard en arrière. Elle préférait partir que de vivre avec une immondice. Peu de gens comprirent ce qui la dégoûtait autant. En tout cas, elle avait complètement renié sa mère et ses origines. Elle avait 9 ans, et elle quittait Dolanaar.
Elle marcha longtemps, jusqu'en avoir mal aux pieds. Elle souffrait, elle se demandait pourquoi elle était partie sur un coup de tête. Mais à chaque fois elle se résonnait, disant qu'elle avait fait ce qu'il fallait. De toute façon, elle ne savait même pas de quel côté aller pour revenir à Dolanaar. Alors qu'elle quittait Darnasus, elle finit par croiser une caravane de gitans, qui, pris pitié envers cette gamine sale et maigre, l'emmenèrent avec eux. Elle voyagea longtemps avec eux, apprenant la vie de gitans. Ce n'était pas si mal. Elle aimait cette vie de nomade. De plus, ces gens étaient gentils, et pourtant avaient des problèmes avec la population de la ville car ils voyageaient toujours de manière primaire.
A 13 ans, elle les quitta. Elle retourna à Dolanaar. Elle voulait voir de ses propres yeux le contrebandier car elle n'avait plus aucun souvenir exact de lui. Elle retourna donc dans l'ancienne boutique, il était toujours là. Sa mère par contre, non. Elle entra. Il se tenait debout, inspectant sa marchandise. Il était déjà chauve, de la barbe, de gros bras, grand. Le contrebandier lui demanda :
" C'est pour quoi jeune demoiselle ? ".
Mihai alla droit au but. "Où est Marie Tsunekuni ?
- Qui ? répondit il d'abord.
- La femme qui travaillait chez vous il y a 4 ans.
- Ah ! L'ancienne prostituée là ? fit il d'un ton bourru.
- Pardon ?
- Eh bien oui, c'était une ancienne prostituée. J'allais la voir souvent avant qu'elle ne quitte son travail. Pourquoi toutes ces questions ?
- Ce sont mes affaires. Où est-elle maintenant ? lui demanda-t-elle.
- Morte. Y'a 4 ans, elle a piqué une crise, d'sant qu'sa fille était partie à cause de moi. C'était un sacré coup, avant qu'elle essaye de me tuer."
Il avait la langue bien pendue. Mihai avait du mal à garder son calme. Sa mère était morte. Morte à cause d'elle. Même si c'était une prostituée, elle restait sa mère. Elle l'avait reniée il y a 4 ans, mais elle restait quand même sa mère. Elle avait toujours été douce, attentionnée, gentille. Pourquoi était elle partie ? Ce n'était pas sa mère qui l'avait trahie. C'était elle. Elle l'avait trahi, en la quittant, alors que sa mère travaillait pour avoir de quoi vivre, elle se laissait toucher pour elles. Mihai était dégoûtée par elle-même.
"C'est vous qui l'avez tué ? lui demanda-t-elle.
- C'était purement défensif ma p'tite demoiselle ! dit il en rigolant. Et puis, une pute en moins, ça change pas la face du monde !
- Elle vous a menacé de vous tuer, ou elle a essayé ?...
- Menacer, mais ça suffit. On ne me menace pas, moi, le plus grand contrebandier de Dolanaar ! Il faut savoir se faire respecter. Une femme ça se tait, et ça laisse faire l'homme."
Mihai se tut. Elle avait envie de déverser toute sa haine, là maintenant. Mais elle se retint. Elle se vengerait après. Elle tourna les talons et referma la porte en claquant. Elle prit la direction des beaux quartiers, voulant à tout prix sortir de là. Elle avait envie de courir, elle avait envie de retrouver l'herbe grasse sous les pieds. Elle avait envie de retrouver le bruit des roulottes qui roulent sur les vieilles routes. Le bois qui craque. Elle passa en vitesse devant un magasin d'antiquités. Un vieux katana avec une poignée joliment ornée était exposé dans la vitrine. Il était très beau. Mihai s'en approcha, et en le voyant, tomba amoureuse. Elle entra dans la boutique. Mis à part le katana, il n'y avait que des vieilleries sans intérêt. Elle s'approcha du vieux vendeur et lui demanda le prix de l'arme. "12 300 myrs mademoiselle
- Pouvez vous me le réserver ? Dans 3 jours j'aurai cet argent."
A vrai dire, elle ne savait réellement pas comment elle allait faire. Elle erra pendant un jour dans la cité, à la recherche d'un boulot. Elle se proposait pour aider à tout les coins de rue, mais sans résultat. Un vieux lui demanda quand même si elle voulait bien coucher avec lui, moyennement rémunéré. Elle lui jeta un regard dédaigneux et se retint de lui cracher dessus. Il n'alla pas plus loin que sa proposition. Elle flâna dans le quartier riche, et finit par arriver au port. En voyant les aérostats marchands, elle eut une idée. Comme ils paraissaient sales ces aérostats ! Elle s'approcha de l'un deux et interpella celui qui semblait être le marchand.
"Il est bien sale votre aérostat m'sieur ! Cela vous dirait que je le lave pour vous, moyennement rémunéré ? Parce que là, il ne donne vraiment pas envie de monter dedans, et on peut même croire qu'il est sale à l'intérieur. C'est pas un bon point pour la vente à mon avis !
- Gamine, t'as peut-être raison. Mais il est en parfait état de marche !
- Eh bien, moi, ça ne me donne pas réellement de vous confier des marchandises, ni même de monter. On dirait une épave croulante !"
Le marchand lui fit signe de se taire, un client approchait. Ils conversèrent un peu. Mihai tenta sa chance, après tout, elle serait bien payé avec cet aérostat viello et sale.
" Dis donc, qu'il est sale. J'espère que les marchandises ne sont pas aussi sales... Moi j'me méfierais..
Le marchand lui fit signe de partir, comme on chasserait une mouche. Malheureusement, l'intervention de Mihai avait découragé le client, qui s'éloignait. Le gros marchand la regarda d'un air désespéré et lui dit :
"Vu qu'il est gros, je te propose 500 myrs l'heure.
- C'est peu monsieur. Il est énorme votre aérostat ! 700 myrs.
- 600 myrs !
- 680 !
- C'est d'accord. Mais c'est juste parce que tu as une mignonne petit bouille. Vas voir le capitaine."
Mihai travailla 2 jours, avec 10h de repos. Elle repartit avec 20 000 myrs, c'est-à-dire un peu plus ce qu'elle aurait dû gagner. Elle avait gagné l'amitié du capitaine, qui, n'ayant rien d'autre à faire, lui avait tenu compagnie pendant 3 jours. Elle savait qu'un jour, elle pourrait compter sur lui. Elle retourna chez l'antiquaire qui lui sourit en la voyant déposer les pièces sur le comptoir. Elle ressortit, heureuse, son katana dans la main. Après cela, elle erra un peu partout dans Suria, vivant de petits boulots. Elle fit presque tout à pieds, accompagnant des gitans, des bandits avec qui elle avait sympathiser, feignant d'ignorer sur leurs activités. Elle évite de parler de cette époque, car elle s'est laissée entraîner dans quelques missions avec eux. Elle n'en est peu fière, mais elle sait que cela lui a bien servit pour accomplir sa vengeance.
Elle décida de revenir à Dolanaar. Il fallait qu'elle se venge. Elle se posta devant son magasin, et attendit que la journée se finisse et qu'il aille à l'arrière boutique. Après cela, tout se passa très rapidement. Elle entra discrètement par la porte de derrière -heureusement pour elle, elle n'était pas fermée, car très difficile d'accès, monta les escaliers, et trouva rapidement la chambre du contrebandier -et pour cause, qu'est-ce qu'il ronflait fort ! La maison était vieille, et le vieux parquet craquait sous ses pas légers. Elle ouvrit la porte le plus délicatement possible, accompagnant la poignée doucement. Miracle, la porte ne grinça pas. Elle posa le pied sur le seuil, le parquet grinça horriblement. Aucun mouvement dans le lit. Soit il dormait toujours et avait le sommeil lourd, soit il l'attendait patiemment. La deuxième solution était la plus probable, mais beaucoup moins rassurante. Elle maudit un instant le plancher et s'élança dans les ténèbres de la chambre. Elle sortit son katana de son étui, silencieusement. La scène aurait pu être belle, si la lumière de la pleine Lune éclairait la lame du katana, puis le sang qui jaillissait du cou du gros contrebandier. Malheureusement, il n'y avait ni Lune, ni sang, ni contrebandier mort à cet instant. Juste au moment où elle exposait la lame tranchante de son katana, il se jeta comme un monstre sur elle. Elle se débattit, mais il était fort. Ils roulèrent, Mihai tentant de se dégager de sa poigne pour sauver sa vie. Son katana avait roulé par terre quand il s'était jeté sur elle, et elle savait qu'il fallait à tout prix qu'elle se dirige vers lui. Après une lutte acharnée dont elle n'en sortit pas indemne, elle finit par toucher le pommeau du katana. Une lueur d'espoir apparu dans ses yeux, pendant qu'elle se demandait comment elle avait fait pour survivre aussi longtemps. Elle tenta de secouer la tête pour chasser ses pensées; mais c'était impossible, il a tenait un peu trop fermement au cou; et se ramena à la réalité. Le jeu de la mort était en marche. C'était ce vieux pervers ou elle. Elle fit glisser sa main sur la lame du katana, car il était trop long, et elle ne pouvait pas le transpercer. Elle réussit enfin, difficilement, elle avait de plus en plus de mal à respirer, et lui enfonça son katana entres les côtés. Le c½ur du gros s'arrêta. Ses bras s'accrochèrent au cou de Mihai une dernière fois, qui suffoquait, puis la pression se relâcha et il lui tomba dessus. Il était lourd, elle avait du mal à respirer malgré la grosse inspiration qu'elle avait prise. Elle se dégagea avec beaucoup d'effort, et se mit à quatre pattes, la tête vers le sol, toussant et respirant comme un b½uf. Elle se leva difficilement, elle avait la tête qui tournait, elle retomba, se cognant contre un meuble. Tout était flou, elle avait l'impression que sa tête allait exploser. Tout bougeait autour d'elle. Le noir la rendait folle, la vieille maison craquait de toute part. Malgré son état, elle tenta à nouveau de se relever. Elle s'accrocha au premier truc qui pourrait la soutenir et se laissa guider par la lumière de la ville filtré par le volet. Elle ouvra la fenêtre, respira lentement l'air pollué de la ville. Puis elle ouvra les volets, et pu avoir un minimum de lumière avec les lampadaires. Elle observa la chambre, et trouva la lumière puis se dirigea vers l'interrupteur. Elle put évaluer les dégâts en se regardant le petit miroir de chambre. Elle avait les marques du reste de strangulation. Sa main droite perlait à cause de la lame du katana, elle avait mal partout. Demain, elle aura des bleus. Elle regarda le corps sans vie du contrebandier. En quittant la chambre, elle lui donna un gros coup de pied, histoire d'être sur qu'il était bien mort sur le coup. Elle quitta la maison, après avoir prit la grosse bourse du contrebandier (il fallait bien que sa mort ne serve pas qu'à se venger !).
Il faisait encore nuit quand elle ressortit. A peine une heure s'était écoulée.